La culture malgache, en danger.
Madagascar possède d’innombrable us et coutumes que nous ne voyons nulle
part ailleurs. Même si la culture se transmet, elle a subi une acculturation et
la génération future risque de ne de plus connaitre sa propre culture.
Mais d’où vient cette culture que
les malgaches appellent « fomba[1] » ?
Plusieurs hypothèses sont établies sur l’origine de la population Malgache.
L’île a accueilli des Indonésiens, des africains. D’ailleurs, les chercheurs
appellent cette première population la « proto-malgache ». En 1965,
Hubert Deschamps notait que « le
Malgache n’est ni un Asiatique ni un Africain mais une juxtaposition ou un mélange des deux, un peuple original et d’une grande variété ».
De cette hypothèse de Deschamps, nous pouvons en déduire que la mélanges des
cultures Africano-asiatiques introduites à Madagascar a créé une culture
originale qui a sa propre spécificité. Quel est l’aspect de cette
culture ? La population de Madagascar est divisée en plusieurs ethnies, et
chaque ethnie a sa propre façon de faire, de penser et d’agir qui le distingue
des autres groupes ethniques. Même s’il y a une très grande diversité
culturelle, nous pouvons en percevoir quelques traits de ressemblance dans la
culture des différentes ethnies existantes à Madagascar. Par exemple, sur l’idée
de Dieu, Raombana disait « Les
malgaches (…) tout païens qu’ils soient, chacun deux croit en l’existence de
Dieu » dans son ouvrage monumental Histoire
tome 1 traduit par Simon Ayache. A travers cette opinion de Raombana nous
pouvons interpréter la croyance des anciens Malgaches. La religion
traditionnelle Malgache se base alors sur la croyance d’un Dieu créateur. De
plus le terme « Zanahary » utilisé par les Malgaches pour dénommer
Dieu se traduit par « celui qui a créé ».En outre le terme
« Andriamanitra » signifie« Dieu parfumé », ainsi le malgache
croit en un Dieu transcendant[2],
odoriférant. Chez les malgaches ces deux noms cités ci-dessus désignent l’Etre suprême.
L’idée d’un Dieu existait dans la pensée religieuse malgache préchrétienne. Il
existait aussi une autre particularité qui met en évidence le statut du Razana[3] chez les
malgaches. Dans l’eschatologie Malgachisant, les malgaches croient en la vie
après la Mort. Et c’est pour ça que les malgaches pratiquent le Famadihana ou
le retournement des morts, parce que par le biais du Famadihana, le mort
devient un ancêtre protecteur, possesseur de la bénédiction. Par ailleurs, le
culte des ancêtres se manifeste sous plusieurs aspects, comme le « Tromba
ou le fanompoabe »[4]chez les
sakalava, le « Fitampoha » ou le bain des reliques royales. D’autre
part, une autre spécificité de la société Malgache, une société basée sur le
FIHAVANANA. La solidarité est l’une des coutumes que les malgaches respectaient
totalement. Pour les Malgaches, le Fihavanana est une chose plus précieuse qui
ne peut pas s’acheter « Mieux vaut perdre dans le
détail des comptes qui étayent la richesse que se tromper dans le détail des
relations qui étayent la vie mystique du
groupe », « Aleoverytsikalankalam-bola
toyizayverytsikalankalam-pihavanana ». Il y a aussi un autre proverbe qui dit « FitiamifamalyMahatsarafihavanana »
c’est-à-dire, l’homme ne peut pas faire seul sa vie. Il a besoin d’être avec
ses entourages.
De génération en génération le
« kolontsaina » se transmet et les traditions se perpétuent. « Les différentes façons de faire, de penser,
d’agir, les coutumes et les caractéristiques d’un peuple évoluent dans l’histoire[5] ».
L’arrivé du Christianisme a réellement changé la perception Malgache,
l’évangélisation débute en 1820 avec l’arrivé de David Jones et Thomas Bevan.
Et, l’avènement du Christianisme a créé une rivalité confessionnelle entre les
malgaches. La société basée sur le fihavanana auparavant s’est transformé.
Plusieurs missionnaires sont venues à Madagascar pour implanter leurs
cultures. « Le peuple malgache
est invité à devenir chrétien, membre d’une nation, républicain, socialiste,
démocrate, libéral et ouvert à l’extérieur[6]. »
Il y avait une redéfinition de certains éléments culturels. Le fihavanana reste
mais il s’est changé avec le temps. Il s’est transformé suite à une Dynamique
exogène. En ce moment, avec la mondialisation, la modernité a créé une sorte
d’affrontement entre le traditionnelle et le moderne. Les cultures étrangères
s’enracinent. Et cet enracinement intensifie la perte de la culture
traditionnelle. Même si l’acculturation devient de plus en plus forte. Pour le
cas de Madagascar, la culture, elle peut se conjuguer au futur. Mais qu’est-ce
qu’on entend par culture au futur, c’est un « perspective pour le développement du secteur culturel et créatif [7]». Il
faut intégrer la culture dans des autres secteurs tels que le tourisme,
l’éducation. Inciter les jeunes gens à protéger l’identité Malgache, il faut
les convaincre, les faire connaitre les vraies valeurs de la culture Malgache.
Instaurer la triade Culture-histoire-éducation pour que l’amour de sa propre
culture s’implante dès l’enfance. Ainsi, il faut valoriser et donner de
l’importance à la culture. En créant des musées afin de permettre à tout le
monde de profiter de la richesse culturelle de Madagascar.
Dimbiniaina RAKOTOMALALA
21 Mai 2021
[1]Fomba : Savoir-faire, manière de faire
[2] « Le transcendant n’est pas dans la conscience, il la dépasse comme quelque chose de tout autre : c’est l’absolu en opposition avec la finitude (…) La transcendance est au-delà de toute forme » Karl Jaspers
[3] Le mort, ancêtres divinisés
[4] Rites funéraires
[5] Professeur RibioNzezaBunketi Buse – enseignant chercheur congolais
[6] Propos d’ Yvette Sylla
[7] Titre d’un ouvrage du chercheur RibioNzezaBunketi Buse
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